Manif au Shape

Manif du SHAPE à Nimy jeudi matin

Les civils qui travaillent au SHAPE ne savent toujours pas qui sera leur patron l’an prochain -ni même s’ils en auront encore un... Fatigués par de longs mois d’incertitude, inquiets pour l’avenir, ils devraient se mettre en grève ce jeudi matin. Ils distribueront des tracts au carrefour de la Violette à Nimy dès 7h30.

 
Les représentants du personnel (SETCa et CNE) se plaignent d’un manque d’information et de concertation.

 

Les représentants du personnel (SETCa et CNE) se plaignent d’un manque d’information et de concertation.

Manif ce jeudi matin au carrefour de la Violette, à Nimy. Bof ! Banal, c’est un jour à manifestations, ce jeudi, non ? Oui, et pourtant non... Cette manifestation-là est distincte du mouvement de grève national. Ce sont les LWR qui veulent se faire entendre.

Les LWR ? Les Local Wage Rate, les travailleurs civils recrutés sur place par le SHAPE pour effectuer un large éventail de tâches de maintenance (cela va de l’aide-cuisinière du mess à l’informaticien en passant par les pompiers et les métiers du bâtiment). Ils sont environ 250, ont un statut social tout à fait particulier (pas de commission paritaire, pas de convention collective possibles pour eux), sont payés par l’OTAN.

Mais cela va changer. Cela doit changer, obligé. Fin 2010, en marge du sommet de l’Alliance atlantique à Lisbonne, il a été convenu que les nations hôtes prendraient en charge la maintenance des bases militaires de l’OTAN à partir du 1 er  janvier 2014. Pour le SHAPE, c’est donc la Belgique qui doit s’en charger, et non plus l’OTAN. « La Belgique », c’est-à-dire, plus précisément ? Quel ministère, sur quel budget ? Qui sera le nouvel employeur des 250 LWR ? Le SHAPE pourrait-il le rester, l’Etat belge se contentant de financer leurs salaires ? A quelle hauteur -l’enveloppe globale représente plus de 15 millions d’euros, mais la Belgique doit prendre en charge uniquement la maintenance des bâtiments internationaux, ce qui ouvre la porte à bien des marchandages...

« Au 31 décembre, je licencie... »

Toutes ces questions demeurent sans réponse, alors que l’échéance approche. Une situation très inconfortable pour le personnel.

«  Malgré nos contacts avec les différents ministères -défense, intérieur, emploi, affaires étrangères- rien ne bouge. Les différents groupes de travail ministériels, que nous avons pu rencontrer il y a un an, étaient censés remettre leurs conclusions fin mars, cela n’a pas été fait. Nous avons aussi rencontré le Premier ministre le mois dernier. Ses services devaient nous recontacter en avril mais cela n’a pas été fait  », déplore Marc Vanderroost, délégué SETCa.

«  Le chef du personnel, lui, nous dit : sans réponse, moi, au 31 décembre, je licencie tout le monde  » !

Des pertes d’emploi sont à prévoir (une soixantaine de personnes seraient en âge d’être pensionnées). Mais les délégués syndicaux (SETCa et CNE) craignent aussi qu’on remplace les LWR par des firmes extérieures. «  On se pose des questions. La Belgique a-t-elle encore les moyens et la volonté de garder ces emplois ? Le temps passe, le temps presse, et on a l’impression d’être les victimes d’un jeu politique.  »

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